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1- Présentation générale du projet pédagogique

Le petit nombre d'enfants accueillis dans notre atelier de jeu nous permet la prise en charge de chaque enfant en tant qu'individu à part entière, avec son histoire de vie familiale, culturelle et son potentiel : rythme, besoins, compétences, possibilités, rituels, avec son propre caractère, son tempérament, son degré de compréhension et d'acquisition.

LE PRINCIPE:

L'atelier est à dimension humaine
L'enfant est acteur de sa propre activité.
Les notions de respect et de plaisir sont fondamentales.

L'atelier s'inspire de la pensée et les principes éducatifs de Maria Montessori dont les objectifs pédagogiques sont les suivants:

  • Développer la personnalité de chaque enfant en respectant ses rythmes, ses besoins, et son individualité.
  • Développer la concentration, le désir, et le plaisir d'apprendre, le goût de la recherche.
  • Développer l'autonomie, l'indépendance, le respect de l'autre, la confiance en soi.
  • Développer la connaissance et le respect du milieu dans lequel l'enfant est amené à vivre.

Pour atteindre ces objectifs, notre pratique éducative s'articule autour des principes suivants :

  • adaptation et accueil personnalisé de l'enfant et de ses parents ;
  • satisfaction des besoins fondamentaux de l'enfant tout en respectant le rythme de vie et l'autonomie de chacun : collation, repos, jeu, propreté, besoin de rester seul, communication ;
  • pratique d'activités d'éveil et de découverte pour le développement moteur, psychologique, affectif de l'enfant ainsi que l'éveil des sens ;
  • accompagnement de l'enfant vers l'autonomie ;
  • apprentissage de la vie en collectivité, respect des uns envers les autres ; sensibilisation à l'écologie.
  • rôle et place du professionnel.


2- Adaptation et accueil personnalisé

La période d'adaptation, étape clé de l'accueil d'un enfant dans une structure collective, va lui permettre de prendre ses repères en termes de lieu, de temps, et de personnes. Il s'agit de rencontrer et apprivoiser les personnes qui vont prendre soin de lui en l'absence de ses parents, puis de partir à la découverte progressive des locaux avant sa rentrée effective en collectivité.

En faisant découvrir aux parents l'établissement et les personnes qui vont s'occuper de leur enfant, nous espérons créer un véritable climat de confiance car un parent qui amène son enfant en toute confiance à l'atelier met aussi ce dernier en confiance face à ce nouvel environnement.


a) Le déroulement de l'adaptation :

En général, l'adaptation s'étale sur une à deux semaines. Une adaptation trop longue n'est pas souhaitable car elle risque d'entretenir les difficultés relatives à la séparation d'un parent et de son enfant. Une adaptation trop courte peut entraver la relation de confiance que les professionnels de l'atelier essaient d'établir avec les parents. Mais les règles doivent rester souples car pour certaines familles il faut plus de temps, et pour d'autres, impératifs personnels et imprévus de dernière minute peuvent forcer à réduire le temps de l'adaptation.

L'adaptation commence par la visite de l'atelier par les parents avec leur enfant, accompagnés de la responsable.

Chaque membre de l'équipe est présenté à l'enfant et aux parents.

b) L'accueil personnalisé :

La manière dont se passe la séparation retentit souvent sur le déroulement de la journée. Par conséquent, les parents sont accueillis dans le lieu de vie dans une ambiance calme et sereine et dans un climat de confiance, par une écoute attentive (sans juger) afin de favoriser le dialogue ; ce temps d'accueil est essentiel pour l'échange entre l'équipe et les parents.

L'enfant aura besoin d'instaurer chaque jour un rituel qui lui permettra de prendre ses repères et qui lui procurera un sentiment de sécurité ; il aura besoin également de la présence attentive et accompagnante de l'adulte pour faciliter ce moment de séparation.

Le matin dès 9h, l'animatrice accueillant les enfants doit avoir une attitude avenante, souriante et nommer l'enfant. Elle recueille les informations du vécu de la maison : comment a-t-il dormi ? Comment s'est passée la soirée ou le week-end ? Ceci, afin de créer une continuité et une cohérence dans l'accueil de l'enfant. Ces transmissions seront orales.

L'animatrice devra accueillir l'enfant, le sécuriser, lui parler, le rassurer tout en étant à l'écoute de ses désirs et de ses besoins : elle l'accompagne lors de la séparation en verbalisant le départ de ses parents ; elle va devoir accepter ses pleurs, sa colère, ses émotions, le prendre dans ses bras et tout doucement lui demander ce qu'il a envie de faire aujourd'hui ou accepter qu'il ne fasse « rien ».

Il est important d'accueillir l'enfant avec ses particularités : certains arrivent avec leur doudou, sucette ou autre objet transitionnel imprégné de l'odeur de leur mère qu'il est important de leur laisser au moment de la séparation; cet objet rassure, apaise et sécurise l'enfant.

Du coté du parent, il est nécessaire de prendre le temps de transmettre les informations à l'équipe qui accueille, mais il ne faut pas non plus éterniser ce temps de séparation. Dire au revoir à son enfant est indispensable, même si celui-ci doit manifester son mécontentement.

3- Satisfaire aux besoins fondamentaux de l'enfant tout en respectant son propre rythme et en favorisant son autonomie

Dès sa naissance, chaque enfant est unique et possède une personnalité à part entière. Il se développe selon son propre rythme en privilégiant une étape avant une autre; chaque étape de son développement psychomoteur contribue à structurer sa personnalité; la présence de l'adulte se veut bienveillante et rassurante; elle permet d'accompagner, de proposer, d'encourager et de guider l'enfant sans jamais « faire à sa place » afin de développer son autonomie.

a) Les 10h :

Chaque enfant ressent le besoin de s'alimenter selon son propre rythme avec ses propres besoins variant d'un jour à l'autre.

Quel que soit l'âge de l'enfant, les 10h doivent être considérés comme un moment de plaisir, d'échange et de détente.

On ne force jamais un enfant à manger car lui seul connaît ses besoins et ses désirs.
L'enfant mange autour d'une table avec d'autres enfants et l'adulte référent. Les 10h deviennent alors un moment de partage et d'échange qui permettent à l'enfant de vivre des expériences de socialisation : partager, imiter, attendre son tour, ne pas manger dans l'assiette du voisin,...

Les 10h sont suivis d'un lavage de mains, pendant lesquels ils sont encouragés à faire seuls.

Nous sommes vigilants :

  • à préserver la convivialité autour des repas et goûters : ainsi le manque d'appétit, le refus de manger, les petits accidents à table (verre ou assiette renversés.....) ne sont pas dramatisés ;

b) Le repos :

Quel que soit l'âge de l'enfant, les temps de repos, variables d'un enfant à l'autre, sont impérativement respectés.

« Les Galopins » disposent d'un petit coin détente qui permet à l'enfant de se reposer si besoin.

c) L'acquisition de la propreté :

Les « plus grands »:

Tout enfant, sauf problème physique ou psychologique particulier, devient propre entre 18 mois et 3 ans.
L'acquisition de la propreté est une étape du développement de l'enfant que l'on ne peut forcer car c'est un apprentissage très complexe qui demande à l'enfant un niveau de maturité suffisant dans 3 domaines:

  • maturité neuro-musculaire : les muscles sphinctériens doivent être assez forts et sous contrôle volontaire, le système nerveux suffisamment développé et coordonné. C'est une étape qui correspond environ à l'âge de 2 ans en fonction du rythme propre de chacun. Pour l'entourage, c'est une étape durant laquelle l'enfant est capable de monter debout et seul un escalier en alternant les pieds ;

  • maturité intellectuelle : l'enfant doit être capable de comprendre ce qu'on lui demande. Son niveau de langage doit pouvoir lui permettre de « demander » lorsque l'envie se fera sentir ; il doit pouvoir manifester son désir de faire tout seul. ;
  • maturité affective: l'enfant doit se sentir en bon équilibre, aimé et avoir envie de faire plaisir.

La motivation de l'enfant est aussi primordiale : il ressentira l'envie de quitter ses couches et crapahuter en petite culotte ou en slip (c'est plus confortable), s'il est encouragé et félicité de ses succès. Un enfant qui se développe bien trouve rapidement en lui cette motivation pour peu que l'on ait attendu le moment où il y était prêt.
Respecter l'enfant, c'est lui laisser le temps d'exprimer sa capacité à être propre et aussi accepter qu'il ait son rythme à lui, peut être différent du copain ou de la copine. Si l'adulte reste confiant et rassurant, alors l'étape de la propreté est vite acquise.

d) Le besoin de communication et l'accès au langage :

Dès sa naissance, l'enfant a besoin de communiquer avec son entourage
A partir de 18 mois jusqu'à 3 ans :

L'enfant commence à abandonner ses « mots-phrases » pour former spontanément des phrases structurées ou apparaissent la négation et l'interrogation : il demande le nom des choses et les répète; il pose beaucoup de questions; son vocabulaire se multiplie et il connaît ainsi les mots qui ont un intérêt pratique (parties du corps, vêtements, objets, meubles....). C'est la période essentielle pour la maîtrise du langage qui plus tard permettra à l'enfant de se faire comprendre, communiquer et raisonner.

La richesse du vocabulaire de l'enfant ainsi que son niveau de langage dépendent en grande partie de la façon dont l'adulte lui parle durant ses premières années. Par conséquent, en plus des histoires écrites, des comptines et poésies lues, l'équipe entraînera l'enfant dans :

  • l'invention d'histoires avec les poupées, les ours en peluche ou encore les marionnettes,
  • la création de poésies,
  • l'observation de la nature,pour l'inciter à parler et lui laisser le temps de s'exprimer.

C'est l'ensemble de ces attitudes qui aide l'enfant à développer son langage afin d'exprimer des situations, des souvenirs, des projets et de faire ainsi progresser son intelligence.

4- Activités d'éveil, de découverte, et éveil des sens pour le développement de l'enfant


Tous les enfants sont différents : ils n'ont ni le même tempérament ni le même goût des choses. Certains développent plus tôt leurs capacités physiques globales, d'autres leur habileté manuelle, d'autres encore le langage. Ces variations n'ont aucune incidence sur le devenir de l'enfant. Nous avons donc à coeur de respecter et de soutenir le rythme de chaque enfant en adaptant des stimulations appropriées pour éveiller l'enfant, lui permettre de développer sa personnalité, et lui apprendre à utiliser ses capacités.

L'enfant ne peut s'exprimer pleinement que dans un cadre chaleureux et accueillant suscitant la créativité et l'imaginaire.
Ainsi, l'équipe dispose de matériels et de jeux, adaptés à l'âge de l'enfant, dans les différents espaces aménagés de l'atelier. Ceci permet de varier les propositions car notre atelier accorde autant d'importance aux jeux libres qu'aux activités organisées de façon non contraignante.

L'enfant a toujours le choix de faire ou de ne pas faire une activité. Il peut aller d'un jeu à l'autre en fonction de ses centres d'intérêt, juste avec l'accompagnement de l'adulte car le jeu libre, indispensable au développement de l'enfant, lui permet de créer, d'imaginer, de gérer des frustrations et d'acquérir de la confiance en lui-même.

5- L'accompagnement de l'enfant vers l'autonomie

A travers tous les moments-clefs de la demi-journée, l'adulte va encourager l'enfant et le soutenir dans cette tâche de « faire seul ».
La professionnelle accompagne le tout petit, qui grandit selon son propre rythme, sans lui proposer d'aller plus vite.

Pour les plus grands, l'acquisition de l'autonomie se réalise :

  • à travers les ateliers où l'enfant expérimente ;
  • durant les collations : l'enfant est amené à s'asseoir seul, à se servir seul ;
  • à travers des sollicitations quotidiennes pour le lavage des mains,…
  • l'adulte porte un regard constant aux enfants, pallie aux besoins d'aide mais intervient le moins possible, excepté lorsque l'enfant est en danger ou lors de situations conflictuelles.

6- L'apprentissage de la vie en collectivité

a) Sociabilité et respect des uns envers les autres :

La socialisation est un aspect important du développement du jeune enfant car elle conditionne son intégration future en tant qu'adulte dans la société.
Le jeune enfant ne sait pas jouer avec les autres. De comportement plutôt égoïste, il trouve normal d'avoir tout pour lui et refuse de partager. Le rôle de l'équipe est de guider et conseiller l'enfant pour que progressivement, il se tourne vers autrui.
En fonction de son âge et de ses capacités, nous apprenons à travers les jeux et les moments partagés ensemble, la cohabitation et le respect de l'autre :

  • dire bonjour, merci et s'il te plait
  • attendre son tour
  • demander au copain un jouet au lieu de lui enlever brusquement
  • respecter certaines consignes comme ne pas se pousser ou se taper

L'enfant coopérera au processus s'il est encouragé et si la relation avec l'animatrice est chaleureuse.
Peu à peu, l'enfant devient sensible aux autres : par exemple vers 18 mois, il peut se montrer capable de consoler un copain qui a du chagrin ou bien lui offrir un jouet qui fait défaut.

7- Rôle et place du professionnel

Le rôle de l'animatrice

En période d'activité de l'enfant, l'animatrice évitera le plus possible les intrusions, les interférences directives et les interventions substitutives, c'est à dire tous ces gestes non pondérés considérés comme des « aides inutiles ».

Elle manifestera sa présence par un regard et un soutien en étant à l'écoute des signaux de l'enfant.

Ainsi, nous sommes convaincus que dans un espace conçu, de façon structurée, ludique, agréable et détendu, chaque enfant pourra trouver sa propre place, reconnaître son identité, développer son autonomie, et intégrer les premières règles de socialisation.

Quelles que soient les différentes phases de la journée (ateliers, collations, sorties, séparation...) l'adulte est présent dans sa relation à l'enfant : il rassure, encourage, valorise, parle, écoute, sécurise. Il est tolérant et patient, respecte l'enfant et lui fait confiance.

La professionnelle est capable d'ajuster, de négocier, de faire preuve d'ouverture d'esprit et de flexibilité afin de faire face à une grande diversité de familles et de situations. Elle doit aussi être capable d'évaluer sa pratique et ce que le milieu d'accueil met en place pour que cela convienne à tous, enfants, parents, équipe.

8- Conclusion

Pendant les premières années de vie de l'enfant, si l'adulte a répondu aux besoins fondamentaux, si l'enfant a été soumis à des stimulations sensorielles et intellectuelles variées, alors il aura acquis une bonne confiance fondamentale vis à vis de lui même et du monde.



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